Jeunesse consciente, jeunesse debout !

«Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait» a dit le dicton. Rien n’est exagéré. Si la vieillesse n’a plus les capacités physiques d’agir, la jeunesse elle doit prendre la relève. Il faudra de prime à bord que cette jeunesse prenne conscience de ses potentialités, de ses devoirs. La Fédération des associations générales étudiantes – FAGE – (la plus importante organisation de jeunes en France fondée en 1989 avec près de 2000 associations et syndicats) a lancé la campagne «Sois jeune et tais-toi ???»
La campagne se donne pour but de permettre aux jeunes de se construire comme citoyens. A travers le message «Sois jeune et tais-toi ??? », la «FAGE entend interpeller les jeunes quant à leur place dans la société, près d’un demi siècle après la mobilisation ayant fait de cette injonction un slogan. Convaincue que la vie étudiante est un moment propice à l’épanouissement personnel grâce à l’action collective, la FAGE entend répondre au pessimisme grandissant exprimé par les jeunes. Plutôt que le repli sur soi et le choix de l’extrémisme, elle les encourage à agir, s’engager et s’ouvrir sur la société», lit-on sur le site www.fage.org.  
La FAGE qui a pour leitmotiv d’inciter la fibre démocratique chez les jeunes veut au travers de la campagne faire comprendre que : «La vie étudiante est idéale pour débattre, expérimenter, critiquer, entreprendre… A l’heure où une large part de la jeunesse montre une défiance croissante pour les politiques et les institutions, il est nécessaire de relever le défi de la participation et l’engagement citoyens. Outre les pouvoirs publics, c’est l’ensemble de la société qui doit répondre à cet enjeu en créant un nouveau contrat social entre les jeunes et la nation. Le renforcement des capacités de chacun à comprendre, participer et agir sur le monde, à se connecter, se mobiliser et prendre des responsabilités dans la cité est nécessaire pour construire la société de demain.»
Au Cameroun les jeunes prennent un tantinet conscience de l’importance de leur engagement dans l’action politique. Le rythme est encore lent, mais la mayonnaise prendra.
Valgadine TONGA

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Présidentielles gabonaises : Les candidats draguent la jeunesse

Pendant un mois, les candidats à l’élection présidentielle au Gabon ont mis les jeunes en avant-garde de leurs campagnes.
 
Un président qui fait du Rap, qui se trémousse devant son peuple, qui arbore un t-shirt avec sur la tête une casquette… Le chef d’État gabonais Ali Bongo Ondimba, candidat à sa propre succession a adopté un style bien particulier pour sa campagne. Loin des smokings du dress-code des chefs d’État, on a vu un président/candidat souvent en jeans. Une tenue décontractée qui n’a rien d’anodin. Sans spéculer sur l’issue des élections, la cible du fils d’Omar Bongo qui est la jeunesse n’est pas restée insensible. En sus du look, il y a un projet de société qui fait la fleur à la jeunesse. Du côté de l’opposition, le candidat Jean Ping n’a pas relooké sa garde-robe en mode jeune, mais les discours mettent au centre les jeunes Gabonais. Cette convoitise de l’électoral jeune est la preuve manifeste que la jeunesse a sa place ô combien importante dans le jeu démocratique. Il est bien révolu l’époque où la jeunesse était utilisée comme les griots crédules par des affabulateurs.
Le blog www.gabonreview.com notait d’ailleurs dans un de ses articles qu’à «l’occasion de la campagne pour les élections présidentielles au Gabon, la jeunesse est au centre de toutes les attentions. Les propositions des différents candidats se multiplient à son intention.» Les candidats à l’élection présidentielle ne tarissent pas de propositions à l’égard de leur cible. «Le principal challenger, Jean Ping, insiste dans son programme électoral sur l’éducation et l’emploi en particulier. De son côté, le favori, le Président Ali Bongo Ondimba, a fait de la promotion de la jeunesse la ligne directrice de sa campagne. En n’hésitant pas à montrer lui-même l’exemple. Depuis son entrée en fonction, Il n’a eu de cesse, à la présidence, au gouvernement, dans l’administration ou au sein même du Parti démocratique gabonais (PDG), de faire émerger une nouvelle génération, quitte à se mettre à dos les vieux barons, poussés un à un vers la sortie», relaie le blog. Les jeunes ont vite pris le pouls et se sont engagés d’aller voter le 28 août prochain.
«Je suis jeune et ma voix compte… C’est un grand événement pour nous car ce sera la première fois que nous voterons… L’éducation, l’emploi et l’égalité des chances sont les sujets qui reviennent le plus souvent dans le débat… En tout cas, ce sont les thématiques qui m’intéressent le plus en tant que jeune», sont quelques réactions de jeunes reprises par notre source. Des jeunes ont commencé à adhérer aux organisations de la société civile, question d’être mieux outillés à la chose politique. Une avancée notable. Le Cameroun organise les élections municipales, législatives, sénatoriales et présidentielles en 2018. La jeunesse camerounaise qui est appelée à copier l’exemple de son voisin au moment venu.
Valgadine TONGA

Jeu démocratique : Les jeunes de 18 ans réclament le droit au vote

C’est l’un des points saillants d’une récente étude sur la faible participation des jeunes camerounais au jeu démocratique.
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La politique aux politiciens. C’est l’un des discours de jeunes camerounais qui dénote leur déni de la chose politique. Comment comprendre que cette tranche qui représente plus de 65% de la population soit hors de l’arène politique ? Voilà la principale raison qui a poussé l’organisation de la société civile Un Monde Avenir à commander l’étude sur la «Participation des jeunes aux processus électoraux et à la dynamique démocratique : cas des communes de Douala 1, 2, 3, 4, 5 ». L’enquête menée -cette année- par le consultant chercheur Cerge Nji a touché 1000 jeunes de 18 à 35 ans, catégories sociales confondues. «Je ne sais pas… Je ne trouve pas de projet intéressant… Les candidats n’étaient pas intéressants… » sont les raisons évoquées par la cible pour justifier son abstention aux élections couplées municipales/législatives de 2013. L’élément qui revient surtout c’est la crise de confiance aux politiques. «Beaucoup de jeunes ont souligné le fait qu’ils n’ont jamais rencontré les candidats et pour certains comme Issa Tchiroma, ce n’est qu’à la télévision qu’ils le voient. A Douala 2 et 3, les jeunes disent plus connaître la maire Denise Fampou, Zang Zang et Hervé Emmanuel Nkom», a précisé Cerge Nji lors de la présentation du rapport au public vendredi 12 août 2016 à Douala.
L’initiation à la politique
Pour les échéances de 2018, les jeunes ne prévoient pas revoient leur attitude si rien n’est fait. Après les dénonciations, les jeunes interrogés ont fait des propositions au politique. Sur le plan juridique, les jeunes veulent que l’âge de vote soit ramené à 18 ans, ce qui est d’ailleurs l’âge de la responsabilité pénale au Cameroun. Ils souhaitent une loi sur le quota des jeunes sur les listes des partis politiques aux différentes élections. Le système éducatif devrait aussi accorder plus d’espace à l’éducation civique au primaire, au secondaire, au supérieur. In fine, les jeunes croient apodictique la création d’un cadre juridique pour l’initiation à la politique.
L’étude est un pan du programme d’encadrement des jeunes à la démocratie d’Un Monde Avenir. «Nous avons profité de la célébration de la journée internationale de la jeunesse adoptée il y a à peu près 16 ans maintenant par les Nations unies pour faire le compte rendu de l’enquête, a expliqué le coordonnateur d’Un Monde Avenir Philippe Nanga. L’idée de l’étude était de comprendre pourquoi les jeunes ne sont pas intéressés par les questions politiques, savoir les solutions qu’ils proposent eux-mêmes pour qu’on remédie à la situation. Nous avons invité les partis politiques, les administrations, Elecam (Election’s Cameroon, organe chargé de l’organisation des élections au Cameroun, ndlr) pour qu’ils prennent connaissance de l’étude parce qu’ils doivent être les premiers à l’exploiter.»  
Elecam a visiblement jugé anodin de comprendre les sources de démotivation des jeunes, d’où son absence. Le coordonnateur d’Un Monde Avenir a également regretté l’absence du préfet, représentant du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique. Les partis politiques n’ont pas craché sur l’aubaine. Ont répondu au rendez-vous le Cameroon people party représenté par sa présidente Kah Walla, le Social democratic front, l’Union des populations du Cameroun, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le Mouvement démocratique de conscience nationale.  
Valgadine TONGA

Cameroun : Étudiants entre myopie, ignorance et instrumentalisation

Les Cop’s sont descendus dans la rue pour remercier le chef de l’Etat après sa décision d’offrir un ordinateur à chaque étudiant. Une manifestation diversement accueillie dans l’opinion.
S’arrimer aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, numériser l’enseignement. Voilà selon un communiqué du ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo les raisons qui ont amené le président de la République à faire un geste à l’endroit des étudiants. 500.000 ordinateurs au total, soit un pour chaque étudiant qu’il soit dans une université publique ou privée. A cet effet, le Minsup a signé une convention le 27 juillet 2016 avec la société chinoise Sichuan Telecom Construction Engineering Co Ltd, chargée de fournir lesdits ordinateurs. Si on s’arrête à cette explication soutenue dans Jaques Fame Ndongo et ses affidés, on comprend la marche de certains étudiants le 3 août dernier pour dire leur reconnaissance à Paul Biya. Et pourtant…
Marche étudiants
Comme l’ont notés certains critiques, les universités publiques et privées au Cameroun comptent bien plus de 500.000 étudiants. Aussi, ce que le ministre Fame Ndongo présente comme don ne se fera que pendant l’année scolaire 2016/2017. Autre bémol, les 500.000 ordinateurs coûteront 75 milliards Fcfa, non pas au président de la République, mais au contribuable camerounais. Le fait est que le Cameroun a emprunté 75 milliards Fcfa à la société chinoise pour qu’elle fournisse lesdites machines. En clair, il s’agit tout simplement d’une dette que les  étudiants, les plus jeunes travailleront à rembourser dans les années à venir. Célèbre-t-on une dette ?  Les étudiants partout ailleurs sont un pouvoir redouté par l’exécutif. Tous les moyens sont donc bons, tant qu’il s’agit de contenir leurs réflexions. Tenez par exemple. Autour de la seule Université de Douala, on compte plus d’une trentaine de débits de boisson et de snack-bars où les étudiants défient Bacchus.
«C’est l’instrumentalisation de la jeunesse par les élites du régime en place. Nous savons que derrière cette marche se cachent les autorités académiques pilotées par le Minesup qui agit sous cape» se désole Serge-Aimé Bikoi, Sociologue à l’Université de Yaoundé I. La liberté de pensée est tout ce qui donne son humanité à une personne.

Valgadine TONGA

Tchad: le régime crée ses propres organisations de la société civile

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La diffusion le 14 février sur internet des images d’une scène de viol collectif d’une jeune femme postée sur les réseaux sociaux a créé une énorme vague de protestations contre la violence faite aux femmes. Les auteurs de ce viol sont des enfants des dignitaires du régime parmi eux fils des généraux et celui du ministre des affaires étrangère Moussa Faki. La jeune lycéenne est enlevée, séquestrée et violée le 08 février 2016. 

Face à la gravité de la situation, le régime avait en premier lieu cherché à étouffer l’affaire. Mais cela n’a duré qu’une semaine. La vidéo est ensuite publiée sur les réseaux sociaux par les activistes. Sous pressions des uns et la menace des autres, la vidéo a été retirée pour pudeur et respect à la jeune fille. Mais aussi pour étouffer l’affaire.
C’est l’activiste Maina Ibangolo qui a tenu à faire éclater l’affaire au grand public, refusant la suppression de la vidéo.

Parmi les personnes appelant la suppression immédiate de la vidéo sur Facebook, figure Hayatte Ndiaye présidente de l’Association des femmes osant la réussite et le combat pour l’équité (Force). Une association profitant de la circonstance lors du rassemblement devant le domicile familial de la jeune fille. Des femmes et des hommes indignés de cet acte horrible se sont mobilisés pour demander justice.

Selon Hayatte Ndiaye, la création de l’association c’est une volonté spontanée de « s’indigner de manière collective » raconte-t-elle au micro de Rfi. Cette indignation dont parle la présidente, aurait-elle eu lieu sans la publication de la vidéo? Pourquoi ne s’est-elle pas indignée pour demander justice avant le rassemblement? Œuvrait-elle pour étouffer l’affaire qui secoue le régime ou rendait-elle justice à la victime en passant sous silence?

Soyez rassurer, les réponses se trouvent au premier paragraphe du premier communiqué de ladite association publié sur Facebook. Signé par sa présidente, celle-ci  réclame que l’association a été la première à avoir dénoncée, l’enlèvement, la séquestration et le viol de Zouhoura. Et à ce titre elle est conviée à prendre part à une réunion avec la première dame.

Il est claire que le régime face au mouvement de protestation et à la veille des élections, cherchent à crée ses propres organisation de la société civile pour contrecarré toute action citoyenne pour la justice dans ce pays. Depuis quand la défense des droits de l’homme se fait par ordre chronologique de dénonciation? Loin d’être une association de circonstance, l’association des femmes pour le développement et la culture de la paix au Tchad milite pendant des années en ce sens sans que la première dame Hinda Deby leur accordent ne ce reste qu’une audience.

Apres l’échec du ministre de la sécurité publique Ahmat Bachir d’étouffer cette affaire, c’est au tour de la première dame et ses acolytes que la mission on dirait confiée. Zouhoura n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Elle ne vous apprend absolument rien en la matière, chères grandes sœurs.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste

Jeunestchad.mondoblog.org

Le rôle de la jeunesse dans l’établissement de la démocratie et la paix dans la région des Grands Lacs

Des évènements tragiques secouent et endeuillent la région des Grands Lacs d’Afrique. Ces évènements n’épargnent pas les jeunes. En effet, tout le temps  victimes, ce sont les jeunes qui payent une lourde tribu. Et pourtant, ils ne peuvent rien décider ou être associés à la prise de décisions. Néanmoins, les jeunes étant l’avenir, c’est-à-dire,  les décideurs de demain, les gestionnaires des valeurs sociales-démocrates ou encore les transmetteurs de la culture, il est important de rechercher comment la jeunesse peut dès maintenant trouver une place dans la prévention et la résolution de ces conflits. C’est ainsi que des associations comme le Réseau international des Femmes pour la Démocratie et la Paix, section Canada, consacre des activités dédiées à la conscientisation de la jeunesse.

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Au vu des évènements tragiques qu’a connus et connait encore l’Afrique et en particulier la Région des grands lacs, le désir des jeunes est de devenir maitres de leur destin. Cependant, plusieurs obstacles  s’opposent à cette perspective rêvée  notamment  le manque de respect des droits de l’Homme, le manque d’alternance politique démocratique, ou encore,  pour ceux en exil, le contexte socio-politique actuel qui n’offre pas d’attraits  aux jeunes d’envisager un  avenir  meilleur dans leur pays d’origine ainsi que le décalage socio-culturel qui s’amplifie de jour en jour alors que la volonté de retour se fait toujours sentir. Dans le  cas du  Rwanda  d’autres facteurs comme celui de la restriction des libertés fondamentales  entravent  les ambitions des jeunes.

Plus concrètement, à titre d’exemple, les obstacles auxquels sont confrontés  les jeunes de la région des Grands Lacs en exil sont les suivants:

1) L’exil et son cortège de malheurs

En effet, certains sont traumatisés ou souffrent d’autres problèmes d’ordre psychologique voir psychiatrique à cause des évènements qu’ils ont vécus. De ce fait, parfois ils sombrent dans l’alcool, la drogue ou sont confrontés à des décrochages scolaires ou pire, se suicident.

2) Le risque de perte de confiance en soi eu égard aux épreuves subies

A titre d’exemple, il y a les cas de jeunes placés dans des écoles inadaptées à cause de l’âge ou à défaut de maitriser de la langue d’enseignement.

3) La peur persistante liée à la fragilité

Obtenir le statut de réfugié ressort du parcours du combattant. D’abord, il faut expliquer aux autorités du pays d’exil les raisons de la fuite et pourquoi les autorités devraient octroyer le statut de réfugié.  Ensuite, une fois reconnu comme réfugié, le problème d’être accepté et celui de l’intégration font place. Même intégré l’on reste un « allochtone » (allos du grec signifiant  ailleurs et chtonos signifiant terre) donc littéralement étranger. Pourtant, durant tout  ce temps le réfugié ne peut guère retourner dans son pays d’origine alors qu’il en aspire.

 4) Déracinement

Au fur et à mesure, la perte de repères socio-culturels aboutissant à des crises d’identité envahit les jeunes en exil. Certains jeunes oublient qu’ils ont un pays d’origine, dont il faut être fier malgré les évènements tragiques.

Qui plus est, le fait de ne pas pouvoir parler sa langue maternelle devient à terme un handicap majeur à la connaissance de ses origines, de l’histoire de son pays, de son peuple, du socle des valeurs socio-culturelles.

Conscientisation de la jeunesse

Afin de conscientiser les jeunes sur leur rôle dans l’instauration et le maintien de la démocratie et la paix en Afrique et plus particulièrement dans la région des Grands Lacs, quelques associations organisent des activités qui leur sont destinées.

Par Laure Uwasehttp://www.jambonews.net

 

 

 

Jeunesse engagée : La leçon qui vient des étudiants français

Après une décision du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la Fédération des associations générales étudiantes  a adressé une correspondance bien acérée au ministre.
Il n’est pas un ministre, encore moins un homme politique. Il n’est même pas universitaire. Alexandre Leroy n’est qu’un étudiant, mais rien ne l’empêche d’exprimer ouvertement sa pensée qui concerne son plus proche entourage, notamment l’enseignement supérieur, la jeunesse, la société. Ses prises de position lui valent bien la place de président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). C’est justement à ce titre qu’il vient d’adresser une correspondance musclée à la ministre française de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Objet de la note, «Contrôle continu : Madame la ministre, laissez-nous faire». L’ire de Leroy est causée par la suppression d’un projet sur les contrôles continus. «C’est donc sans prévenir, sans un courrier, sans même un modeste coup de fil que les membres de la communauté universitaire ont appris la semaine dernière l’enterrement du projet d’expérimentation du contrôle continu intégral dans les universités
«Mépris des efforts»
Alexandre Leroy juge cette «décision unilatérale et violente du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche» car elle «rompt avec plusieurs mois de dialogues sereins, conduits sur les chantiers ô combien importants que sont l’évaluation et le master. Entre mépris des efforts consentis par les équipes des universités volontaires et défiance envers la capacité de la communauté universitaire à innover en faveur de l’intérêt général, cette décision n’est ni plus ni moins un ‘‘sale coup’’. Réclamée depuis de long mois, l’expérimentation en question visait à permettre à cinq universités de tester une nouvelle manière d’évaluer l’acquisition des compétences des étudiants. Loin d’induire une modification définitive des textes, elle était au contraire destinée à permettre un cadre juridique stable rendant possible l’expérimentation du contrôle continu intégral et produisant les données et chiffres nécessaires à l’évaluation de sa pertinence au regard de plusieurs impératifs.»  
Plus tranché, le président de la Fage ponctue, «nous ne vous demandons ni de votre temps, ni même de votre argent madame la ministre. Ce que nous demandons, c’est simplement de nous laisser faire, de laisser s’organiser les forces vives et de leur apporter ce qu’il faut de considération pour créer à leur destination un cadre dans lequel, en respect des priorités et principes de la nation, elles peuvent générer du pouvoir d’agir ! Et ça tombe bien Madame la Ministre : il vous reste sept jours pour rétablir l’ouverture de cette expérimentation du contrôle continu intégral
Même si l’issue de la lettre est incertaine, la démarche est louable. Les étudiants camerounais peuvent bien se servir de cette preuve de bravoure. Il n’y a pas que l’association des enseignants d’universités ou des personnels d’appui pour exiger le changement sur leur situation. Les étudiants ont d’ailleurs de gros problèmes, entre notes qui disparaissent, les notes sans noms, les requêtes sans suite… Bien sûr les choses bougeront le jour où les étudiants sauront qu’ils sont une force redoutable qui a aussi son rôle dans la société.
Valgadine TONGA